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La vulvodynie

La vulvodynie, aussi appelée « névralgie pudendale », est une maladie qui touche les nerfs et provoque des douleurs parfois très fortes au niveau de la vulve (région entourant le vagin). L’intensité de la douleur est variable. Cela peut aller d’un léger inconfort à l’impossibilité même de s’asseoir. Cette maladie est particulièrement pénible psychologiquement pour la femme : d’une part ses causes exactes restent inconnues, même si certains facteurs de risques ont pu être identifiés. D’autre part, les relations intimes deviennent souvent compliquées, voire impossibles.

La vulvodynie touche les femmes de tous âges et peut apparaître spontanément, sans cause apparente. Parfois, elle se manifeste aussi après un traumatisme dans la zone concernée, comme par exemple un acte chirurgical, une biopsie ou un accouchement. Le diabète, dont on sait qu’il peut avoir des conséquences sur les nerfs, ou un mauvais fonctionnement des muscles pelviens, représentent aussi des facteurs de risques.

Sensation de brûlure ou d’écorchure qui s’aggrave lors des relations intimes, douleurs à la miction ou en position assise, la vulvodynie est douloureuse, mais l’examen chez le gynécologue ne montrera souvent rien d’anormal. Le fait que cette maladie soit « invisible » fait qu’elle n’a pas toujours été reconnue comme telle et n’a pas toujours été suffisamment prise au sérieux. On lui prêtait avant tout une origine psychosomatique. Heureusement, les choses évoluent et aujourd’hui, la prise en charge est bien meilleure.

Tout d’abord, le médecin procédera à un examen approfondi afin d’exclure les pathologies pouvant provoquer des symptômes similaires comme par exemple une infection bactérienne, une mycose ou une blessure. Si aucun facteur « concret » n’est mis en évidence, le diagnostique est posé : selon toute vraisemblance, la patiente est atteinte de vulvodynie.

Le mal peut disparaître comme il est venu, mais parfois, cela peut durer des années. Comme il s’agit d’un type particulier de douleur (douleur neuropathique ou neurogène), les antidouleur classiques sont inefficaces. La lidocaïne – un anesthésique local – peut aider. D’autres médicaments, souvent utilisés dans le traitement du zona ou de toute autre douleur du même genre, peuvent participer à améliorer le confort. La gabapentine, la prégabaline ou certains antidépresseurs ont une vraie action contre les douleurs neurogènes. Certaines médecines plus alternatives permettront aussi d’obtenir des résultats encourageants : citons physiothérapie pelvienne, thérapies comportementales (biofeedback, relaxation…), acupuncture…La vulvodynie étant une maladie dure à vivre, il est important que le suivi thérapeutique soit de qualité. Parfois, le moral peut être atteint de telle manière que le recours à une aide psychologique est nécessaire. Les rapports intimes étant parfois impossibles, la femme peut culpabiliser ou se sentir déprimée. A ce titre, le soutien du partenaire sera indispensable et aidera certainement à la guérison.

Bonne fin de semaine

Did

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